un éditeur renonce à un roman sur l’épouse de mahomet

By David Kersan

Le Monde
International, mercredi, 20 août 2008, p. 6

Polémique sur Aïcha (mariée à Mahomet à l’âge de 6 ans (59 ans pour lui)), la ” Mère des croyants “

” LE JOYAU DE MÉDINE ” (The jewel of Medina), roman de Sherry Jones, écrivain américaine, consacré à Aïcha (614-678), ” l’épouse préférée ” et la plus jeune de Mahomet (570-632), suscite une nouvelle controverse sur le droit à la fiction touchant à la vie du Prophète.
 
La maison d’édition Random House a annoncé, lundi 18 août à New York, qu’elle renonçait à publier l’ouvrage, qui devait paraître à la mi-août. Cette décision a été prise, explique-t-elle, ” sur le conseil d’experts de l’islam pour qui cette publication pourrait offenser certains membres de la communauté musulmane et inciter à des actes de violences de la part de certaines minorités radicales “.

La controverse est née en Serbie où le directeur de la maison d’édition Beobuk, Aleksandar Jasic, avait acheté les droits de diffusion du roman, en première mondiale. Le livre était déjà en librairie.

COLÈRE EN SERBIE

Le mufti Muamer Zukorlic a estimé que cet ouvrage portait atteinte à un personnage ” sacré ” et ” intouchable ” de l’islam. Il a ajouté : ” Certains veulent rejoindre les rangs de ceux qui ont produit les caricatures au Danemark. Il s’agit bien sûr d’une insulte pour les musulmans du monde entier. ” La communauté musulmane réside surtout dans la région du Sandzak au Sud.

L’éditeur serbe a présenté ses excuses, estimant qu’il n’avait pas ” l’intention de blesser ” les musulmans et espérant que ” l’affaire en resterait là “. Le livre a été aussitôt retiré de la vente. Le mufti Zukorlic a accepté ces excuses, en espérant que ” cette affaire servira de leçon à tout le monde “.

Sherry Jones n’entend pas renoncer à la publication de son roman sur Aïcha. Son agent devait même annoncer quels pays avaient acheté les droits. Selon la Sira (récit de la vie du Prophète), Mahomet aurait eu neuf épouses. Aïcha, la troisième, fille du premier calife Abou Bakr, passe pour la favorite, la plus pieuse et intelligente. Vénérée par les sunnites, elle est ” la Mère des croyants “. Elle est intervenue dans la guerre de succession qui a suivi la mort du Prophète contre le calife Ali, dont se réclament encore les chiites.

Henri Tincq (avec AFP.)

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4 réponses vers «un éditeur renonce à un roman sur l’épouse de mahomet»

  1. Dogann dit :

    Je me demande encore comment la simple biographie de Mahomet n’est pas censurée. On y apprend tellement d’horreur sur le “prophète” de l’islam. Il massacre des tribus juives, il fait assassiner des poetes qui se moquent de lui, il convertit des gens en les menaçant de mort, il pille, il épouse une fille de 8 ans… bref un magnifique modèle !
    Concernant le commentaire du mufti Zukorlic, je trouve absolument terrifiant d’entendre “ça servira de leçon pour tout le monde”. Si les Américains aussi (Random House) plient devant la menace… alors qu’il s’agit d’un ouvrage de fiction… qui tiendra ?

  2. Jean-Baptiste dit :

    Voici quelque chose de très important, voici la sphère d’influence psychotique, mortellement pacifique – derrière des menaces de violence qui ne sont que les scories refoulées d’un authentique retournement du totalitarisme sur lui-même.
    Je veux dire, rien de plus écrasant et de plus vain que de bruler des drapeaux ou de piétiner des portraits, mais derrière les drapeaux en feu, derrière les portraits incandescents, paraissent les étendards de nos visions cramées de l’intérieur, nous sommes ces étendards, nos chairs nous portent, nous sommes les fictions-mondes de nos forteresses internées, nous sommes les livres, et tout comme Le joyau de Médine, nous serons compilés, projetés dans la psycho-sphère d’anéantissement de la Parole, sous la coupe pleine et vide d’un Islam névrosé, plus social que despotique, plus transdescendant que réalisateur.
    A présent je vois l’avenir qui se dessine sous les cendres de la censure islamique, je vois la parfaite -parfaite donc dangereuse- vision des humains contractés sous le contrôle biopolitique de leurs technologies infiltrantes, ils seront exaltés devant la grande fonction nano-implantée dans leurs corps rendus immaculés et inutiles par la grâce de la machinerie révolutionnaire et absolue, ils se trouveront vampirisés par l’abime de la technique ultra-réelle, en prière devant le monolithe d’un Coran cybernétique, implanté à même leurs conscience.
    Rencontre cataclysmique, mais inévitable, de la terreur et de l’extase virtuelle, nous construisons les armes avec lesquelles nos ennemis, frères de la peur proliférante, nous rendrons esclaves de la béatitude coranique, les yeux plein d’une stupeur hébétée, devant l’imagerie spectrale de nos âmes à jamais fusionnées dans la transcendance avec le cerveau informatique d’un cyber-prophète omniscient et déconnecté.

    Noires perspectives. Aucune écologie ne nous sauvera plus.

    Ecrivez vos fictions.

  3. axelle dit :

    Oui, le mufti Zurkorlic a raison :il s’agit d’une très bonne leçon pour nous, occidentaux. Ne pas plier sous la menace, écrire, dénoncer et soutenir tous ceux qui écrivent et dénoncent.Merci pour ce site qui fait ce boulot.

  4. 10 septembre 2001 dit :

    “…
    Avec des gestes frénétiques
    Ils guettaient l’arrivée classique
    D’un gros gâteau automatique
    Et ses bougies systématiques

    C’étaient des crétins pacifiques
    Ce n’était qu’une panne électrique
    Et non le Jour des jours tragiques
    De l’attaque apocalyptique

    J’ai fait encore un calembour
    Tu as retrouvé ton humour
    Nous pensions encore mon amour
    Que demain serait un autre jour”

    Philippe Muray

    Chaque jour est un 11 septembre horizontal…

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