« Je cherche un homme, un vrai, un être authentique »
Diogène
Pour ceux qui suivent l’actualité du Sibérien le plus dominant de la planète free-fight, la soirée d’hier n’a pu vous échapper.
L’invincible Fedor a gagné son duel face à Tim Sylvia au premier événement de l’Affliction. Son entrée déjà, décrite par le présentateur comme “celle d’une éxécuteur descendant froidement dans la trappe faire son travail, Fedor est la grande affaire de tous les cauchemards russes“ quand le dernier Tsar de Russie se dirigeait vers le Ring. Un combat qui installe plus encore Fedor Emelianenko à la tête de l’histoire du combat libre mais qui le livre désormais aux portes de l’Histoire de la Sainte Russie.
Il existe, au milieu du temps, une tension anonyme du singulier vers l’universel. Son voltage est à l’évidence inconnu. Car son code est la Grâce.
Cet homme là porte une secret, universel et singulier. Cet homme rend le ring vrai, silence d’une vérité aussi indicible que triomphante. Il n’a pas le physique d’un compétiteur de free fight, son entraînement, intelligent, n’en reste pas d’une banalité réelle. Il fallait le voir hier soir jouer aux cartes avant son combat conte le géant américain, ancien champion poids lourds de l’UFC, son sourire éternel, sa bienveillance de père de famille discret, intériorisé, pendant que Tim Sylvia suait avec son entraîneur.
Le résultat est toujours le même, au sol comme debout, Fedor semble littéralement porté par Dieu. Tim Sylvia déclarera en coulisses qu’il n’a aucune explication rationnelle à ce qu’il s’est passé si ce n’est qu’il n’a pu placer une seule action, pas le temps, pas l’espace.
A l’instar d’autres génies, littéraires, scientifiques ou musiciens, Fedor oeuvre certes à marge, mais le genre de marge qui a depuis longtemps quitté toutes les marges accessibles aux compétiteurs.
Lors d’un diner avec lui, j’ai pu admirer la discretion, la simplicité de l’homme au point même de l’oublier durant deux heures alors qu’il dinait juste à ma droite. Il dinait en silence, le silence de l’éducation russe, le silence de son enfance sibérienne.
Maurice Dantec, présent lors de ce diner, lui dit au revoir avec quelques mots qui aujourd’hui prennent leur vrai sens : ”You are the future”. Oui, Fedor nous a quitté depuis longtemps, Maurice Dantec sait cela. Il sait de quoi il est question.
Le ciel nous envoie des génies pour nous dire quelque chose, pour nous livrer de nouvelles fibres de l’infini. Certains d’entres eux deviennent des héros et ceci est la clé de leur message.
Alors oui, Fedor, vestige de la Grande Russie, est déjà mort.
D’un futur éternel.
Mots-clefs : David Kersan, fedor emelianenko, Maurice Dantec

juillet 23, 2008 à 7:44
Bel article,
la preuve que Fedor transcende le monde du combat libre. Dans d’autres disciplines, de plus en plus, on s’intéresse à ce personnage d’exception. Une légende se fait, là, sous nos yeux : profitons-en !
Merci.
août 22, 2008 à 10:24
Un personnage mythique, dont le nom est sur toutes les lèvres, mais que personne n’a vraiment vu, ça ne vous évoque rien ?
novembre 21, 2008 à 3:25
Une légende, un combattant hors normes. De plus, il parait très humble et respectueux de ses adversaires. Regardez le combat contre hong man choi et dites moi si vous ne voyez pas la réplique de David contre Goliath.