welcome dead airmen !

nuages1

Nous sommes désormais partie intégrante du code.

Grâce à quelques virtuoses, le blog a dépassé le désert de l’exploration narcissique pour devenir la nouvelle et fragile vertèbre de l’émotion industrielle. La victoire écrasante de l’intime a une nouvelle fois été le choix de la foule. Mais je constate aujourd’hui qu’une telle page peut aussi devenir, au milieu du temps et des milliards de lignes de code, une tentative de tracabilité de la ville que je suis en puissance. Dans l’axe de nos vertiges éléctriques, internet est devenu Design normatif et codant de nos sociétés, générant perpétuellement sa propre mise à jour donc mutant les caractéristiques même de son ADN, ouvrant cette nouvelle humanité à des flux que la vie, dîtes réelle, épuise dans son incommunicabilité naturelle.

Je commence cette page à une semaine exactement de mon départ d’Europe, à 7 jours du vol qui me fera entrer de plein fouet dans la cage thoracique américaine, à un mois de voir Lionel venir aussi par le ciel. Je n’ai pas encore la moindre idée du process qui générera ce blog – anarchique, discipliné – et seulement une vague idée du contenu.

Je sais juste que c’est ici que je vais glisser à votre doigt l’anneau flambant neuf qui succédera au Ring & son hall of fame, ici que je dévoilerai semaines après semaines la nouvelle créature que Lionel Pezzano, Maurice G. Dantec et moi-même présenterons au public au cours de l’année 2009.

Did you ever wonder about an aircrash cult ?

Encore aujourd’hui, certaines tribus vouent un culte unique aux aéronefs. Leurs membres restent parfois des heures entières les yeux rivés au ciel pour attendre le passage d’un avion, considéré comme l’apparition d’un Dieu, au gré du trafic aérien. Sa rareté le plaçant toujours plus haut dans la hiérarchie divine. Ils attendent tous le moment où ce Dieu d’acier tentera la trajectoire fatale, l’instant crucial du crash à ciel ouvert, l’instant où la tribu s’uniera dans la célébration du culte des crash aériens par le téléscopage du cockpit et du désert. L’aircrash cult, huit secondes de kérosène solitaire dévoré par le sable où tous les déserts du monde sont des 11 septembre, où toutes les villes du monde sont des Las vegas.

Mes billets sont encore sur la moquette, déposés sur La Route, de Cormac McCarthy. J’entrevois l’accès du Terminal.

J’entends déjà l’avion, son silence, ses centaines de tonnes glissant dans l’oxygène, comme un secret sur l’Atlantique.

I kiss the souls inside my heart

Prochain contact dans quelques semaines -

David Kersan, le 5  mars 2008

4 réponses vers «welcome dead airmen !»

  1. starfleet crusader dit :

    welcome to the last civilization.

  2. guillaume lama dit :

    Thats right oll those stuff about dead end and cuckoos nests.
    En compte a rebours avance et d’un saut oriental, arrive dans une cite en ruine en voie de developpement, la bibliotheque a brule. on squatte les ruines sous les odeurs de pop-corn, dans une petite antre pour les aventuriers nepalais. Mais ils connaissent rien de vos histoires les gars. Ils votent maoistes comme des erasers, les uns et les autres. Le pied de l’Himalaya est un centre a multiples frontieres.
    Ils sont prets a prendre le vol au bond, tenter de leur faire decouvrir de la litterature americaine francaise peut-etre une experience en ground zero. qu’est-ce que vous en pensez?

  3. vic dit :

    je n’ai pas honte de ma haine et de mon envie

  4. vic dit :

    …et cest toujours le cas.envie ne veu pas dire jalousie ne te meprend pas

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